5. Déploiement des brise-glaces

La garde côtière canadienne (GCC) a examiné attentivement les besoins des clients des diverses Régions en prenant en considération les changements en termes de volume et de capacité du trafic maritime dans divers secteurs géographiques de même que les conditions de glace locales. L'entente originale sur les besoins en brise-glaces avait pris comme référence la saison hivernale de 1994, l'une des pires dans l'histoire par rapport aux conditions de glace. Au cours des 15 dernières années, il y a eu peu de saisons où les conditions de glace ont été supérieures à la moyenne établie sur 30 ans et la tendance semble aller vers une amélioration des conditions, même en considérant la variabilité interannuelle (voir l'annexe D: Protocole d'entente sur le déglaçage entre les regions Centre et Arctique, Québec, Maritimes et Terre-Neuve et Labrador pour plus de précisions). Les navires à fort tonnage se dirigeant vers le fleuve Saint-Laurent ont maintenant une plus grande capacité de navigation dans les glaces et dépendent moins de l'aide des brise-glaces, alors que les navires de moindre jauge empruntant d'autres couloirs de navigation et les traversiers de la côte Est sont probablement plus susceptibles de recourir à l'assistance des brise-glaces.

Pour la GCC, il est difficile de répondre à l'ensemble des demandes de l'industrie maritime compte tenu du nombre limité de brise-glaces à sa disposition. Lors de l'élaboration du document original en 1997, la GCC disposait de 22 navires capables de naviguer dans les glaces. Il n'en reste plus que dix-huit et plusieurs ont maintenant plus de 30 ans de service (veuillez consulter l'annexe B: Liste des brise-glaces de la Garde côtière canadienne pour plus de précisions). Ces navires sont également assignés à d'autres programmes de la GCC et de Pêches et Océans Canada tels que recherche et sauvetage, les aides à la navigation, l'application de la loi sur les pêches et pour les sciences. Ces besoins simultanés et dans des secteurs différents deviennent difficiles à répondre, particulièrement lors des périodes de pointe telles qu'à l'ouverture de la Voie maritime et des pêcheries printanières.

L'âge avancé et l'état des plus vieux brise-glaces ajoutent également à la complexité du déploiement des navires. La GCC est forcée de réparer les navires actuels pour prolonger leur cycle de vie utile. Le problème actuellement réside dans la nécessité de remplacer les moteurs principaux et/ou les composantes du système de propulsion des navires; en conséquence, le nombre de brise-glaces lourds et moyens disponibles sera réduit d'un navire par hiver au cours des cinq prochaines années, en vue de les céduler pour un entretien majeur et de les maintenir en exploitation le plus longtemps possible. La GCC ne dispose présentement d'aucun navire de rechange qui pourrait remplacer les navires qui font l'objet d'entretien majeur pour prolonger leur durée de vie utile. C'est probablement le point le plus important à retenir, aucun brise-glace de rechange n'est disponible pour se parer à la perte possible d'un navire qui subirait une panne imprévue. En conséquence, le nombre minimum de brise-glaces requis pour maintenir adéquatement des secteurs-clés lorsque les conditions de glace hivernales sont près des normales est 14, tel qu'illustré à l'annexe C: Déploiement des brise-glaces pour 2011-2016. Toutefois, compte tenu de la condition présente des brise-glaces, ce nombre ne peut être interprété comme une garantie que ces effectifs seront disponibles.

Malgré ces défis, la GCC s'est efforcée de répondre à la plupart des demandes des utilisateurs et elle continuera de le faire dans l'avenir dans au meilleur de ses capacités. Une comparaison entre les demandes formulées par les utilisateurs de l'industrie et le déploiement des brise-glaces proposée par la GCC est présentée à l'annexe C: Déploiement des brise-glaces pour 2011-2016. Cet annexe propose le déploiement le plus efficace possible du nombre limité de brise-glaces de la flotte de la GCC de manière à répondre aussi bien qu'elle le peut aux besoins de tous les clients, tout en cherchant un certain équilibre entre les priorités et les risques. Le calendrier donne un aperçu du déploiement maximum possible compte tenu des ressources limitées actuelles. Un résumé du déploiement proposé des brise-glaces par Région est présenté ci-dessous.

  • Grands Lacs : La GCC continuera d'affecter deux brise-glaces à ce secteur pendant tout l'hiver. Le support de la Région du Québec pour la Voie maritime à la fin de mars sera fourni au besoin et si les ressources sont disponibles.
  • Fleuve Saint-Laurent : Le nombre de brise-glaces et de véhicules à coussin d'air desservant le fleuve Saint-Laurent demeurera le même; toutefois, la GCC a amélioré la capacité du brise-glace qui sera déployé sur la rivière Saguenay.
  • Côte Est : Un brise-glace lourd sera retranché sur la côte Est, ce qui correspondra au retrait d'un brise-glace lourd ou moyen aux fins d'entretien au cours des cinq prochains hivers. Un deuxième brise-glace léger ne sera pas disponible pour le détroit de Northumberland en raison des autres besoins associés au programme de la GCC/du ministère de Pêches et Océans Canada (MPO). Le support pour la Côte du Labrador a été amélioré en augmentant la répartition multitâches aves les aides à la navigation.
  • Arctique : La Garde côtière maintiendra son niveau actuel de service dans l'Arctique avec six brise-glaces.