Les officiers des SCTM à l'oeuvre

George Andrews: Agent responsable du Centre SCTM du Labrador:

Le 19 mars 1999, un avion biréacteur s'écrasait en causant une perte de vie humaine. À 14 h 09 UTC, les membres du centre SCTM de Labrador reçurent le premier appel de M. Carl Knight, un employé de la compagnie Inter-Provincial Airlines qui assure le service aérien pour Davis Inlet. Il nous avertissait de l'approche manquée, de la perte de communications VHF, du grand « bang » entendu quelques secondes après l'accident et de la possibilité que l'avion se soit écrasé dans la baie près de l'aérodrome.

Comme pour tout accident, les officiers du SCTM qui étaient de service ont recueilli le plus d'informations possible et ont ensuite averti le SAR.

Une fois l'avion localisé, M. Knight m'apprit qu'une personne avait trouvé la mort et qu'une autre était au poste de soins infirmiers. Les lignes téléphoniques étaient tellement occupées à cause de la catastrophe que le poste de soins infirmiers était incapable de communiquer avec qui que ce soit. L'infirmier à Davis Inlet voulait parler au médecin qui était en route vers la communauté dans l'hélicoptère d'évacuation sanitaire. M. Gary Parsons (technicien GC) et moi-même avons emporté des radios et nous sommes allés au bureau de répartition de hélicoptères canadiens afin de transférer les communications téléphoniques entre le médecin et l'infirmier à Davis Inlet à l'aide de notre VHF. Ceci dura environ quatre heures. La Newfoundland Telephone Company réserva une ligne pour l'infirmier de Davis Inlet et pour le centre SCTM du Labrador. L'hélicoptère arriva à Davis Inlet après un parcours effroyable dans des conditions météorologiques extrêmement mauvaises.

J'avais demandé à M. Knight comment il avait réussi à nous joindre. Sa réponse fut la suivante : «J'ai demandé à la téléphoniste de contacter l'aéroport pour qu'ils puissent ensuite tenter de contacter l'aéronef, mais elle n'a pas réussi. Je lui ai ensuite demandé d'établir la communication avec la Garde côtière de Goose Bay. » Nous connaissons la suite.

On se pose parfois des questions sur les problèmes organisationnels et budgétaires actuels, mais il suffit d'un accident comme celui-ci pour remettre les choses en perspective. Au Labrador, le fait que la Garde côtière et plus précisément les Services de communications et du trafic maritimes soient le premier point de contact montre à quel point nos capacités et notre système inspirent confiance.

De temps à autre, nous avons besoin d'événements qui nous rappellent notre raison d'être. Nous avons besoin des ressources pour continuer de faire en sorte que la confiance de la population et de nos clients ne faiblisse pas et pour maintenir notre compétence. Malheureusement, dans notre domaine, ce genre d'événement s'accompagne souvent de pertes de vies.

Nous connaissons tous les bienfaits de nos services de détresse et sécurité, de surveillance des navires, d'information de sécurité maritime, de réglementation du trafic maritime et de correspondance publique. Lorsque nous réfléchissons pour déterminer où réduire les dépenses et comment économiser pour atteindre les objectifs budgétaires théoriques et irréalistes, nous ne devons donc pas oublier les avantages que procure notre système de haute qualité aux clients et usagers pour seulement 4 millions de dollars.

Que les officiers des SCTM John Mitchell et Lloyd Pardy soient félicités pour leur travail exceptionnel!

Bob Schafer: OSCTM - Centre SCTM de Tofino

Une alerte de diversification des modes de prestations des services (DMPS) a été reçue par le centre des SCTM à Tofino laquelle incluaient seulement une position et le numéro d'identification de service maritime mobile (ISMM) provenant du navire. L'information fut immédiatement remise au CCS Seattle qui par la suite deployait du personnel de sauvetage. Les SCTM de Tofino se sont occupés de ce cas VHF/DMPS étant donné que l'équipement fait partie du projet SIA qui fournit cette capacité. Mike Voigt, Recherche et Sauvetage, Ottawa faisait le commentaire suivant: "Ceci ressemble à un cas d'ouvrage de doctrine de répondre aux alertes de détresse DMPC de plus en plus nombreuses" et "c'était une excellente réponse dans ce cas (même s'il s'est avéré être une fausse alarme - encore). Merci Tofino"

Jacques Beaulieu et Claude Beaudet: OSCTMs - Centre SCTM du Québec

À 1514h Jacques Beaulieu reçoit un appel MAYDAY et apprend que 2 kayakistes sont en difficulté à un km de l'Ile à Deux Têtes dans l'archipel de Montmagny. Leurs kayaks ont chaviré et sont en train de se remplir d'eau. Heureusement, l'un d'eux possède une radio VHF marine portative.

Dans les instants qui suivent, CSSM est avisé et un MAYDAY RELAY est transmis par SCTM. Claude Beaudet en devoir sur le secteur 3 rejoint les ressources disponibles : le Lachance 3 et le France des Mers se dirigent vers les lieux de l'accident.

Le Sterne parti de Québec devra rebrousser chemin à la Pointe St-Jean, la mer étant trop agitée. L'hélicoptère GC126 ainsi que celui du Sir John Franklin, le GC364 sont aussi en route en même temps qu'un troisième des forces armées part de Bagotville.

Deux kayakistes sont repérés sur un rocher et le GC126 parvient à se poser pour les récupérer.

Pendant ce temps, le GC364 localise deux autres personnes à la mer et se maintient au dessus jusqu'à l'arrivée du Rescue419 qui, équipé d'un treuil parviendra à les récupérer à 1638h. Ils sont amenés à l'hopital de l'Enfant Jésus dans un état d'hypotermie modérée à avancée.

Des journalistes se sont intéressés au cas jusqu'à ce qu'ils apprennent que tout s'était "trop bien passé". Pas de mort à annoncer aux nouvelles de 1800h.

Cependant, nous savons qu'il était "moins une" pour ces jeunes qui n'avaient plus beaucoup d'énergie pour s'accrocher à la vie.

Sans enlever le mérite qui revient aux sauveteurs sur les lieux et nous savons qu'ils en ont beaucoup, il faut souligner ici que nos officiers SCTM ont été le premier maillon de cette chaine de sauvetage. Ils ont travaillé efficacement et ont été proactif du début à la fin.

Allan Hughes: OSCTM - Centre SCTM de Tofino

Le 16 janvier 1997, à 0618 HNP, le centre SCTM de Tofino a averti le Centre de coordination de recherche et sauvetage qu'un navire de pêche américain était probablement en détresse dans un endroit où prévalaient des vents de très forte vélocité et dans des conditions de mer très houleuse, bien au large au nord-ouest du Cap Scott. Suite à cette information, on déployait des opérations de recherche de grande envergure avec la participation de plusieurs navires commerciaux de haute mer. Le centre SCTM de Tofino constituait le lien principal de communication au début des opérations. Une seule personne, M. Allan Hughes, était en fonction au centre au moment de l'incident. En plus de s'acquitter de ses tâches régulières, M. Hughes a procédé à la radiodiffusion d'un relais MAYDAY et a assumé le maintien des communications avec les différents navires (de différentes nationalités) qui participaient aux activités de recherche. Il n'y a eu aucun délai significatif dans la transmission de l'information au cours de cet incident. Le niveau de service fourni par M. Hughes confirme son haut niveau de professionnalisme, d'expertise et de dévouement.

Dave Dillon: OSCTM - Centre SCTM de Prescott

L'extrait suivant est tiré d'une lettre de remerciement reçue à la suite d'un incident survenu en août 1996:

«Nous nous trouvions environ à 2 ou 3 milles au large de la baie Kempenfelt lorsque notre moteur est tombé en panne. Quelques heures s'étaient déjà écoulées dans l'attente de secours quand nous avons décidé de lancer un appel à l'aide avec notre radiotéléphone. Nous avons éprouvé un énorme soulagement quand nous avons réussi à joindre le centre SCTM de Prescott; même le son du tonnerre en direction sud nous semblait moins menaçant. Les communications avec le centre ont permis de rassurer les jeunes enfants à bord, tous âgés de moins de 12 ans, et de leur faire comprendre que tout allait bien et que les secours étaient en route. Peu avant le crépuscule, ... le centre SCTM est parvenu à nous secourir. Les SCTM sont demeurés en communication avec nous tant que nous n'avons pas été amarrés ce soir-là et, le lendemain, les officiers se sont assurés que nous avions pu prendre des arrangements pour nous faire remorquer à notre port d'attache. Nous étions soulagés de connaître l'existence d'un service aussi essentiel qui nous a permis d'éviter un véritable cauchemar».

Ruth Hoover: OSCTM - Centre SCTM de Prescott

Le 20 novembre 1996, un navire à moteur ne parvenait pas à joindre le pontier. Ruth Hoover, l'officier SCTM en service, a alors communiqué avec le navire et offert son aide. Le pilote l'a informé des appels répétés qu'il avait fait sans succès pour joindre le préposé au pont et il a indiqué que son navire se trouvait à seulement six encablures du pont et qu'il songeait à faire demi-tour. Mme Hoover a immédiatement communiqué avec le préposé du pont, l'a avisé de la situation et lui a indiqué que sa radio était fermée et qu'il n'avait pas entendu les messages du navire.

Voici ce que le capitaine du navire a ensuite raconté dans la lettre qu'il nous a fait parvenir: «il y a deux nuits, un officier SCTM m'a rendu un immense service. Je me trouvais à 5 milles du pont ...lorsque j'ai logé un appel au pontier et tout était parfait. Alors que je me trouvais à un mille du pont duquel je me rapprochais rapidement, j'ai appelé, appelé et appelé, mais je ne pouvais pas joindre le pontier par radio. L'officier des SCTM de Prescott a alors communiqué par ligne terrestre avec le pontier et lui a demandé de prendre le canal 16 sur son radio. L'officier m'a ensuite rappelé pour me dire les mesures qu'elle avait prises. Cela m'a permis d'éviter d'effectuer un virage d'urgence dangereux. J'ai grandement apprécié son aide».